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J'aimerais tellement encore t'attendre

Le 21 novembre 2016, 00:34 dans 0

La douleur est sournoise, elle se tapit derrière chaque recoin, elle attend la moindre faiblesse, elle se transforme en monstre au moment le plus propice.

Le manque est latent, il se vit à chaque instant, il transparaît dans chaque détail. 

Les larmes perlent, celles que l'on refoule sans cesse pour assurer vaille que vaille le quotidien, celles que l'on masque derrière des sourires trop appuyés, des rires trop maîtrisés. Les larmes, les soubresauts et les sanglots déferlent pour vider en vain cette peine trop lourde, cette fatigue immense, ce néant si profond.

La vie, paraît -il, ca n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit mais c'est sûr que dorénavant elle aura le goût de l'incomplet. Tu avais encore tellement de projets.

J'ai mal que ce traitement ait tué les dernières semaines de ta vie. Je suis en colère contre toi et ton manque de clairvoyance. Pourquoi fallait-il que jamais tu ne fasses attention à toi, à ton corps ? Pourquoi as-tu attendu si longtemps pour comprendre que ton corps etait infecté. Je m'en veux de t'avoir fait croire que tu pourrais guérir, de t'avoir poussé à te soigner. J'ai mal de n'avoir pas pu te sauver. J'ai mal de ce besoin aujourd'hui sans réponse. J'ai mal de ces visites impromptues dorénavant impossibles. J'ai mal de n'avoir pas osé te dire que je l'aimais. 

Sache que

Le 12 novembre 2016, 22:20 dans Humeurs 0

Ils ont enlevé le fauteuil, il leur causait trop de douleurs, il te rendait trop absent.

Ils ont allumé le poêle plus souvent, il faisait trop froid sans toi.

Ils ont éteint les sourires, le tient n'étant plus là.

Tu nous manques tellement. Au détour d'une station service, je regarde cet homme croquer dans son pain au chocolat et je te vois. J'aperçois ce restaurant et t'entends. Je rencontre cet ouvrier et t'espère.

Ses mots martèlent mon esprit. C'est fini. Je ne comprenais pas, ne voulais pas comprendre. J'ai refusé toute autre image de toi que ton sourire mais ce sont ces dernières heures dans ton fauteuil, le teint jauni, le souffle court qui me hantent. J'avais pris ton pouls, il a battu sans faille, cette tension quasi idéale. Cette organisation pour la semaine à venir et ce retour avec cette certitude, ça ira mieux demain et pourtant il n'y aura jamais de lendemain.

Je pleure au détour d'une rue, au milieu d'une phrase. Je pleure sans espoir de guérison. Tu étais mon roc, je te croyais éternel. Je suis dorénavant fragile, sans aile.

Tu n'auras pas eu à entendre qu'il n'y avait plus d'espoir, tu te seras battu sans relâche, tu nous auras prouvé l'amour que tu lui, nous portais et tu nous feras encore plus te regretter.

J'aimerais tant croire qu'il y a un ailleurs, un meilleur mais je n'y crois pas et tu as emmené une part de moi.

J'aimerais tellement te serrer dans mes bras, goûter un bon vin, partager un repas, réfléchir à cette cour que tu ne termineras pas, regarder un bon match, crier après pogba. J'aimerais tellement être encore avec toi.

Le grand départ

Le 26 octobre 2016, 21:11 dans Humeurs 2

"y a du monde" lançait il à la volée après avoir frappé mais sans attendre pour ouvrir la porte. Et sa bouille ronde sur ce corps trop court illuminait cette entrée.

"On n'a pas un métier facile" aimait-il à répéter en souriant. Litote assumée pour celui qui ne se plaignait jamais malgré un métier plus que dur. Un métier âpre mais qui a offert à chacun de ses enfants un toit. 

Sa présence, son aide indéfectible, son attention permanente, Son amour indélébile et ce vide abyssale. Insupportable. Inacceptable. Insoutenable.

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