Créer mon blog M'identifier

"Vous écrirez un sonnet..."

Le 11 mars 2017, 13:13 dans Humeurs 0

Les calmants consommés ont enfin permis à mon esprit de se libérer, mon corps s'est détendu, mon cerveau embrumé me permet d'errer dans un monde quelque peu confus, quelque peu éloigné. J'aime cet état, cette fatigue latente, cette pesanteur engourdissante qui m'octroie une protection passagère. Je ne suis plus moi, je ne suis plus dans la douloureuse réalité, je ne suis plus dans cette vie condamnée.

Les minutes passent, lentes, sans accroc. Les élèves me font face, réfléchissent, s'essaient, s'interpellent mais peu s'agitent. Quelques questions parfois s'immiscent dans mon environnement finalement si loin d'eux. Je tape sur les touches, je les regarde d'un oeil et les minutes se poursuivent, les vers se dessinent, la poésie prend presque forme mais le cours se termine.

Un nouveau groupe, même consigne, même impatience vers l'inaccessible réussite. La consigne les interpelle, les effraie et les excite. Ils entrent dans la poésie avec enthousiasme et crainte et peu à peu le silence s'installe. Quelques murmures et le nuage de nouveau m'enveloppe. Dans 45 minutes ils sortiront en riant, les voix se feront fortes, les sourires salueront mon week-end à venir. Ils auront essayé, espéré, renoncé puis essayé encore. Un mot, un sourire, un simple regard et les voilà repartis, délirant, espérant, raturant... Se tromper mais y croire.

La pesanteur se fera un peu moins lourde. L'espace de quelques minutes son absence aura été oubliée. Et mes pas se feront un tout petit peu plus légers.

Guatemala

Le 5 mars 2017, 14:47 dans Humeurs 0

Vivre davantage qu'un rêve et devoir se pincer pour être certaine que c'est la réalité qui s'offre dans cette vue paradisiaque, que ces jours ensorcelés ne sont pas mirages, que les odeurs ne sont pas illusions, que la chaleur n'est pas que vaine sensation. LEurs sourires nous accompagnent, leurs rires, leurs chamailleries, leurs amusements témoignent de leur bien être. Nous, je suis gâtée. Et j'aime ces heures merveilleuses.

Et restent les photos tellement fades parce que je n'ai jamais réussi à transcrire la beauté extraordinaire

Les souvenirs permettent aujourd'hui d'améliorer le terne quotidien. Je peine à profiter des petites choses quand la solitude s'empare de mon environnement. Les filles sont avec leur père et lui est resté là-bas.

2017, cette année qui débute sans toi.

Le 14 janvier 2017, 16:42 dans Humeurs 0

On me souhaite une année meilleure et je ne comprends pas. Ta disparition serait ce qui a terni 2016 et dorénavant, il n'y aurait plus de problème tant qu'une autre disparition n'interviendrait pas.

Ce n'est pas ta mort qui me rend malheureuse, c'est ton absence, c'est ne plus pouvoir te parler, c'est de ne plus avoir la chance de te voir, c'est être certaine que tu n'arriveras plus à l'improviste. Tout cela ne changera jamais. Il faut vivre avec ton absence et cette absence est une douleur qu'on ne répare pas.

Ta mort, je la "bénis" puisque la maladie avait décidé de s'emparer de ton corps et de te transformer en un homme que tu ne voulais pas être. Cette vie n'était pas celle que tu voulais et je comprends que tu n'aies plus lutté, que tu te devais de partir. Puisque cette maladie n'était pas curable, on n'avait pas le droit de te retenir.

Mais le manque est permanent. Tu n'étais pas de ceux qui ont un avis sur tout, de ceux qui s'intéressent à tout, qui sont ouverts sur le monde. Non, tu étais un taiseux, un homme du travail, un citoyen du quotidien. Tu n'y connaissais rien en géopolitique ou en économie. Tu étais incapable de lire un ouvrage. Tu n'avais suivi aucune étude supérieure et t'en portais très bien. Tu étais un manuel, un ouvrier non qualifié, un homme en toute humilité.

Et pourtant, tu étais mon roc, ma référence et je te dois d'être celle que je suis. Je n'ai aucune rancoeur, aucune rancune, rien n'a réglé. Je n'avais rien à te reprocher, aucun remord, aucun regret. Tu avais été le père que tu pouvais être, tu avais donné tout ce que tu pouvais donner, tu étais donc imparfait, mais tu avais toujours chercher à faire au mieux, à agir comme tu le pensais juste, comme tu le pouvais et c'est tout ce qu'un enfant peut souhaiter.

J'ai des tares, des défauts, des problèmes mais aucun qui ne soit lié à toi. Avec toi je n'ai que des souvenirs positifs, des souvenirs constructifs, des souvenirs sereins.

Alors, je suis triste, ta voix me manque, je pleure quand je vais dans ce magasin parce que je sais que tu n'y seras pas, je pleure quand je me réveille parce que je sais que tu n'arriveras pas, je pleure quand j'achète un calendrier de l'avent parce que toi tu ne le feras pas.  Je pleure mais je suis tellement fière de toi. Et je ris de tout ce que j'ai vécu avec toi.

Voir la suite ≫