On me souhaite une année meilleure et je ne comprends pas. Ta disparition serait ce qui a terni 2016 et dorénavant, il n'y aurait plus de problème tant qu'une autre disparition n'interviendrait pas.

Ce n'est pas ta mort qui me rend malheureuse, c'est ton absence, c'est ne plus pouvoir te parler, c'est de ne plus avoir la chance de te voir, c'est être certaine que tu n'arriveras plus à l'improviste. Tout cela ne changera jamais. Il faut vivre avec ton absence et cette absence est une douleur qu'on ne répare pas.

Ta mort, je la "bénis" puisque la maladie avait décidé de s'emparer de ton corps et de te transformer en un homme que tu ne voulais pas être. Cette vie n'était pas celle que tu voulais et je comprends que tu n'aies plus lutté, que tu te devais de partir. Puisque cette maladie n'était pas curable, on n'avait pas le droit de te retenir.

Mais le manque est permanent. Tu n'étais pas de ceux qui ont un avis sur tout, de ceux qui s'intéressent à tout, qui sont ouverts sur le monde. Non, tu étais un taiseux, un homme du travail, un citoyen du quotidien. Tu n'y connaissais rien en géopolitique ou en économie. Tu étais incapable de lire un ouvrage. Tu n'avais suivi aucune étude supérieure et t'en portais très bien. Tu étais un manuel, un ouvrier non qualifié, un homme en toute humilité.

Et pourtant, tu étais mon roc, ma référence et je te dois d'être celle que je suis. Je n'ai aucune rancoeur, aucune rancune, rien n'a réglé. Je n'avais rien à te reprocher, aucun remord, aucun regret. Tu avais été le père que tu pouvais être, tu avais donné tout ce que tu pouvais donner, tu étais donc imparfait, mais tu avais toujours chercher à faire au mieux, à agir comme tu le pensais juste, comme tu le pouvais et c'est tout ce qu'un enfant peut souhaiter.

J'ai des tares, des défauts, des problèmes mais aucun qui ne soit lié à toi. Avec toi je n'ai que des souvenirs positifs, des souvenirs constructifs, des souvenirs sereins.

Alors, je suis triste, ta voix me manque, je pleure quand je vais dans ce magasin parce que je sais que tu n'y seras pas, je pleure quand je me réveille parce que je sais que tu n'arriveras pas, je pleure quand j'achète un calendrier de l'avent parce que toi tu ne le feras pas.  Je pleure mais je suis tellement fière de toi. Et je ris de tout ce que j'ai vécu avec toi.