La douleur est sournoise, elle se tapit derrière chaque recoin, elle attend la moindre faiblesse, elle se transforme en monstre au moment le plus propice.

Le manque est latent, il se vit à chaque instant, il transparaît dans chaque détail. 

Les larmes perlent, celles que l'on refoule sans cesse pour assurer vaille que vaille le quotidien, celles que l'on masque derrière des sourires trop appuyés, des rires trop maîtrisés. Les larmes, les soubresauts et les sanglots déferlent pour vider en vain cette peine trop lourde, cette fatigue immense, ce néant si profond.

La vie, paraît -il, ca n'est jamais si bon ni si mauvais qu'on croit mais c'est sûr que dorénavant elle aura le goût de l'incomplet. Tu avais encore tellement de projets.

J'ai mal que ce traitement ait tué les dernières semaines de ta vie. Je suis en colère contre toi et ton manque de clairvoyance. Pourquoi fallait-il que jamais tu ne fasses attention à toi, à ton corps ? Pourquoi as-tu attendu si longtemps pour comprendre que ton corps etait infecté. Je m'en veux de t'avoir fait croire que tu pourrais guérir, de t'avoir poussé à te soigner. J'ai mal de n'avoir pas pu te sauver. J'ai mal de ce besoin aujourd'hui sans réponse. J'ai mal de ces visites impromptues dorénavant impossibles. J'ai mal de n'avoir pas osé te dire que je l'aimais.