Ils ont enlevé le fauteuil, il leur causait trop de douleurs, il te rendait trop absent.

Ils ont allumé le poêle plus souvent, il faisait trop froid sans toi.

Ils ont éteint les sourires, le tien n'étant plus là.

Tu nous manques tellement. Au détour d'une station service, je regarde cet homme croquer dans son pain au chocolat et je te vois. J'aperçois ce restaurant et t'entends. Je rencontre cet ouvrier et t'espère.

Ses mots martèlent mon esprit. C'est fini. Je ne comprenais pas, ne voulais pas comprendre. J'ai refusé toute autre image de toi que ton sourire mais ce sont ces dernières heures dans ton fauteuil, le teint jauni, le souffle court qui me hantent. J'avais pris ton pouls, il a battu sans faille, cette tension quasi idéale. Cette organisation pour la semaine à venir et ce retour avec cette certitude, ça ira mieux demain et pourtant il n'y aura jamais de lendemain.

Je pleure au détour d'une rue, au milieu d'une phrase. Je pleure sans espoir de guérison. Tu étais mon roc, je te croyais éternel. Je suis dorénavant fragile, sans aile.

Tu n'auras pas eu à entendre qu'il n'y avait plus d'espoir, tu te seras battu sans relâche, tu nous auras prouvé l'amour que tu lui, nous portais et tu nous feras encore plus te regretter.

J'aimerais tant croire qu'il y a un ailleurs, un meilleur mais je n'y crois pas et tu as emmené une part de moi.

J'aimerais tellement te serrer dans mes bras, goûter un bon vin, partager un repas, réfléchir à cette cour que tu ne termineras pas, regarder un bon match, crier après pogba. J'aimerais tellement être encore avec toi.