Alors qu'en moi tout hurle, que les cris m'obsèdent, que les larmes ruissellent, mes traits restent impassibles, mes lèvres serrées, mes cordes vocales figées . Le mutisme, la froideur comme derniers remparts à ma colère ou comme premiers appuis de mon indépendance.

La peur me paralyse et tout m'échappe. Le monde me semble marcher sur la tête. Le capital de quelques uns dirige la vie austère de tous les autres. La confiance a disparu, la jeunesse n'est plus synonyme d'espoir, de révolte mais de consommation, d'ignorance. 

Et puis j'ai reçu cette photo et j'ai souri. Parce qu'à 19 ans, certains pensent déjà qu'il faut donner son sang. Un acte gratuit, un acte dont on ne tire aucune gloire, un acte de confiance, altruiste, généreux et vécu comme banal. Et une lueur, une toute petite lueur a percé dans ce noir